Des images flottantes
6 avril 2020

 

Des images flottantes : Étude des rapports entre visible et invisible dans la photographie japonaise.
Mémoire en vue de l’obtention du grade de Master Année universitaire 2019-2020. École nationale supérieure de la Photographie d’Arles.

Fantômes, démons et monstres font partie intégrante du folklore japonais. Ces créatures fantastiques se sont démocratisées et ont marqué notre imaginaire contemporain d’images et de représentations de ce qu’est, ou de ce que pourrait être, le surnaturel au Japon. Mes recherches, au départ influencées par ce folklore, portent sur un rapport à « l’invisible ». Cet invisible s’ancre de manière profonde, et sous des formes diverses et plus proches du réel, dans la vie quotidienne des japonais, dans leur culture, dans leur histoire et dans leurs pratiques. Cet invisible existe en parallèle avec un visible : il se situe donc dans des entre-deux, dans des espaces et des ambiances intermédiaires et ambigus. Il y a un vacillement constant entre visible et invisible et c’est dans ces passages de l’un à l’autre que se place ma recherche. Si cet invisible est profondément ancré dans la culture japonaise, alors l’évolution de leurs pratiques culturelles aura nécessairement une influence sur leurs systèmes de représentation. Que dit ce rapport à l’invisible du Japon et quel est son lien à l’image ? Cette mise en image, en vue d’un invisible, est-elle essentiellement japonaise et diffère-t-elle de ce que nous définissons comme l’Occident ? Et si oui, sur quoi se fonde cette différence et comment va-t-elle générer une théorisation du Japon et de ses représentations ? Comment le rapport à l’invisible va-t’il venir conditionner leurs représentations, à la fois dans la pensée moderne japonaise, dans l’espace de l’art, mais aussi dans un déplacement international ?